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La France et les États-Unis veulent réduire la mission de l’ONU au Sahara

Paris et Washington veulent que le vote du Conseil de sécurité fin octobre réduise la Minurso afin qu’elle avalise surtout le plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental.

Rédaction

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir fin octobre pour voter, comme chaque année, une résolution portant sur le Sahara occidental et le mandat de la Minurso. Les États-Unis et la France veulent déjà que cette mission soit réduite à un instrument qui se contenterait de valider le plan d’autonomie du Maroc.

La Minurso a été créée en avril 1991 pour surveiller un cessez-le-feu entre le Polisario et le Maroc. Elle faisait suite à des demandes urgentes des alliés de Rabat, d’États occidentaux et de pays du Golfe alarmés par la supériorité militaire sahraouie sur le terrain. Les dirigeants sahraouis doutaient de la volonté du Maroc d’accepter un référendum, qui avait été une condition de l’accord sur le cessez-le-feu. L’Algérie a soutenu cette voie référendaire malgré ces réserves. Par la suite, de nombreux États, dont l’Algérie, n’ont pas obtenu l’extension du mandat de la Minurso aux droits de l’homme au Sahara occidental, comme pour d’autres forces de maintien de la paix de l’ONU.

L’article indique que la mission pourrait désormais être dépouillée même de sa tâche initiale d’organisation d’un référendum, rebaptisée Minuso, et liquidée en tant qu’opération de maintien de la paix avant mai 2027. Staffan de Mistura, envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, est décrit comme peinant à préserver la neutralité, l’objectivité et l’égalité de traitement entre le Polisario et le Maroc. Son rôle serait renforcé et élargi afin de rechercher des interlocuteurs sahraouis plus accommodants dans la diaspora ou dans les camps de réfugiés, aux côtés du Polisario, que l’ONU reconnaît toujours comme le représentant légitime du peuple sahraoui.

Une entreprise d’influence de certains sénateurs américains continuerait, selon l’article, de présenter le Polisario comme un groupe terroriste. L’objectif affiché est d’accréditer un second représentant sahraoui, déjà désigné et encouragé, qui a été reçu en juin dernier par les ambassadeurs américain et français auprès de l’ONU. L’Algérie est décrite comme visée indirectement, pour être présentée comme un État soutenant ce groupe, un relais de l’Iran et un pays hostile à Israël. L’auteur estime que les élites algériennes sont poussées vers la diplomatie transactionnelle du président Trump, les effets réels sur la région n’étant attendus qu’après son mandat. L’Algérie et le Polisario, indique l’article, supportent le coût diplomatique de l’accord qui a rétabli les relations entre le Maroc et Israël en échange de la reconnaissance par les États-Unis, le 10 décembre 2020, de la situation au Sahara occidental.

Les réfugiés sahraouis accueillis par l’Algérie sont présentés comme les victimes de cinquante ans d’occupation de leur terre, en droit de rentrer et de choisir l’autodétermination. Les puissances occidentales au Conseil de sécurité proposeraient un financement international de solutions individuelles et volontaires, que l’article rapproche de dispositifs évoqués pour des personnes originaires de Gaza, et qui transformeraient des exilés involontaires en apatrides contraints. L’Espagne est décrite comme n’offrant qu’une compensation limitée en rendant la nationalité espagnole à une partie des personnes qu’elle administrait et qu’elle a quittées en 1975, alors que le régime franquiste touchait à sa fin.

La Quatrième Commission vient, selon l’article, d’adresser un message fort sur le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination par l’intermédiaire de l’Assemblée générale de l’ONU, que l’auteur qualifie d’expression plus fidèle de l’égale souveraineté des États. Le Conseil de sécurité est décrit comme reflétant encore l’équilibre militaire issu de la Seconde Guerre mondiale, la Russie et la Chine étant les seules à tenter de maintenir un équilibre fragile dans une instance dont la réforme est peu probable à brève échéance. Les trois membres permanents occidentaux traitent le plan d’autonomie marocain comme la seule base d’un règlement mutuellement acceptable et viable, et affirment que toute proposition devrait rester dans ce cadre. L’auteur juge cette condition suffisante pour discréditer le processus en cours.

Les États-Unis, qui rédigent le texte sur le Sahara, n’écarteraient pas de nouvelles mesures, encore non précisées, si les parties ne s’engagent pas de manière constructive dans le processus politique. Sur plus de cinq décennies, durée que les États occidentaux invoquent pour accélérer le processus, l’article affirme que les Sahraouis restent les seules victimes, englobés depuis quarante ans dans un discours d’indépendance dans l’interdépendance. Le président Abdelmadjid Tebboune est salué pour avoir récemment replacé l’avenir libre du peuple sahraoui au centre de tout processus. L’auteur estime que les dirigeants sahraouis ne peuvent décider de cet avenir sans une consultation préalable et directe, exempte de contrainte et d’ingérence étrangère, qu’un règlement doit passer par des pourparlers directs entre le Polisario et le Maroc, et qu’il ne peut dépendre uniquement des agendas intérieurs du président Trump et du roi Mohammed VI. Le texte avertit que des discussions sans contrainte sont peu probables et que le peuple sahraoui est désormais présenté comme un obstacle à une reconfiguration planifiée de l’Afrique du Nord. L’article est signé par un ancien ministre et ancien ambassadeur.

Source: www.tsa-algerie.com

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