Un essai intitulé The Central Role of Energy in the Geopolitics of Late Capitalism soutient que l'énergie est à la fois la base matérielle de la croissance économique et un instrument de contrôle géopolitique. Il affirme que les combustibles fossiles ont alimenté l'expansion et la domination, tandis que les marchés, le pétrodollar, les sanctions et la guerre ont fait de l'énergie un moyen de maintenir le pouvoir.
La France apparaît dans ce récit à travers la crise de Suez de 1956. Après que le président égyptien Gamal Abdel Nasser a nationalisé le canal de Suez, la Grande-Bretagne et la France, en collusion secrète avec Israël, ont envahi l'Égypte. Le président américain Eisenhower a refusé des approvisionnements pétroliers d'urgence à la Grande-Bretagne et à la France. Le Times de Londres a observé par la suite que le premier ministre Anthony Eden avait été le dernier premier ministre à croire que la Grande-Bretagne était une grande puissance et le premier à affronter une crise qui prouvait qu'elle ne l'était pas. L'essai indique que la crise a aussi favorisé le superpétrolier, moins exposé au risque politique que le canal et les oléoducs.
La même histoire retrace les luttes ultérieures autour du pétrole. En 1973, les producteurs arabes ont réduit la production de 5 % par mois et ont embargoé le pétrole à destination des États-Unis et des Pays-Bas, et les prix ont quadruplé. Les achats de panique après la révolution iranienne de 1978 ont fait passer les prix de 13 à 34 dollars le baril, et la guerre Iran-Irak a retiré du marché 4 millions de barils par jour. En 1990, Saddam Hussein a envahi le Koweït ; une coalition dirigée par les États-Unis, agissant sous mandat de l'ONU, a chassé les forces irakiennes.
L'essai affirme que la capacité d'une Russie riche en combustibles fossiles à couper le gaz a ensuite été utilisée dans ses conflits avec l'Ukraine. Après la guerre de 2022, l'Europe a cherché à réduire sa dépendance au gaz russe acheminé par gazoduc, a accéléré les terminaux d'importation de GNL et s'est tournée vers le gaz transporté par mer en provenance des États-Unis et du Moyen-Orient. En janvier 2026, l'UE a interdit les importations de produits pétroliers raffinés fabriqués dans des pays tiers à partir de pétrole brut russe, mesure visant le pétrole traité en Inde, en Turquie et en Géorgie. En août 2026, le Sénat américain a adopté, par 86 voix contre 11, un projet de loi sanctionnant la Russie et l'Iran. Il permettrait au président d'imposer des droits de douane allant jusqu'à 100 % sur les marchandises provenant des cinq plus grands importateurs de pétrole et de gaz naturel russes, qui comprennent actuellement la Chine et l'Inde, avec des exemptions pour les alliés européens et le Japon qui s'éloignent du gaz russe.
Il décrit aussi une attaque menée en 2026 par les États-Unis et Israël contre l'Iran, suivie d'un blocus iranien du détroit d'Ormuz, dont il indique qu'il achemine environ un cinquième du pétrole mondial transporté par mer. Le Brent, selon l'essai, a presque doublé en quelques semaines, passant de 65 à 70 dollars le baril à 120 dollars.
Sur l'abandon des combustibles fossiles, l'essai soutient que la concurrence pour le lithium, le cobalt et les terres rares crée de nouvelles extractions dans les pays du Sud, tandis que la Chine détient 70 à 80 % du marché mondial du photovoltaïque et des batteries. Il indique qu'environ 1,1 milliard de personnes n'ont pas accès à l'électricité, dont 84 % dans des zones rurales du Sud, et que le Nord, qui représente 16 % de la population mondiale, a émis 69 % des émissions cumulées de gaz à effet de serre depuis la révolution industrielle. Il affirme que modifier la gouvernance mondiale de l'énergie et les rapports de pouvoir, plutôt que la technologie seule, est nécessaire.