Le 25 octobre 2020, le président Ilham Aliyev a accordé un entretien à la chaîne américaine Fox News, que Trend a ensuite présenté depuis Bakou. Il a déclaré que c’était l’Arménie, et non l’Azerbaïdjan, qui avait ouvert le feu le 27 septembre avec de l’artillerie lourde, que des civils et des soldats avaient été touchés dans les premières heures, et que Bakou s’était alors défendu et avait libéré une partie importante des territoires occupés. L’introduction de Trend indique que la contre-offensive de l’armée, appelée plus tard Poing de fer, répondait à une provocation arménienne de grande ampleur, et que la guerre de 44 jours a mis fin à près de 30 ans d’occupation et rétabli l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan.
Aliyev a déclaré que son appel au départ des troupes arméniennes correspondait aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies adoptées en 1993, qui exigeaient un retrait complet, inconditionnel et immédiat. Il a dit que les médiateurs, les États-Unis, la Russie et la France, n’avaient pas présenté de plan visant à accorder l’indépendance au Haut-Karabakh. Il a décrit une proposition de restitution des territoires environnants d’où, selon lui, plus de 700 000 Azerbaïdjanais avaient été expulsés, et il a affirmé que les Arméniens vivant au Haut-Karabakh étaient des citoyens azerbaïdjanais qui vivraient en paix aux côtés des Azerbaïdjanais de retour.
Il a déclaré que les ministres des Affaires étrangères azerbaïdjanais, arménien et russe avaient publié une déclaration conjointe de cessez-le-feu à Moscou le 10 octobre, et que l’Arménie avait ensuite tiré des missiles balistiques sur Gandja, tuant 10 civils et en blessant plus de 30, une deuxième attaque faisant 15 morts. Il a dit que l’Azerbaïdjan était prêt à accepter un cessez-le-feu ce jour-là si le premier ministre arménien s’engageait sur les principes de base élaborés par les États-Unis, la Russie et la France, y compris un calendrier de retrait et une coexistence pacifique.
Aliyev a rejeté les affirmations selon lesquelles des combattants syriens soutenus par la Turquie participaient aux combats, en déclarant que la France et la Russie s’étaient exprimées publiquement sans présenter de preuves. Il a dit que la Turquie apportait un soutien politique en tant qu’alliée. Il a demandé au secrétaire d’État Mike Pompeo, dont le pays copréside le Groupe de Minsk de l’OSCE avec la France et la Russie, de dire à l’émissaire du premier ministre Nikol Pachinian que le rejet d’une solution diplomatique et l’affirmation selon laquelle le Karabakh est l’Arménie étaient dangereux, et de décourager les demandes de déploiement de troupes russes au Haut-Karabakh. Il a dit espérer que la réunion de ce jour-là à Washington persuaderait l’Arménie de cesser les attaques et de s’engager à quitter les territoires.
Il a déclaré soutenir les commentaires du président Trump, qu’il jugeait équilibrés pour un médiateur, tout en relevant l’existence de communautés arméniennes et d’un lobbying aux États-Unis, en France et en Russie. Il a rappelé avoir rencontré l’alors vice-président Joe Biden quatre ans plus tôt lors d’un sommet nucléaire à Washington, où le Haut-Karabakh avait été évoqué. Pour l’avenir, il a dit vouloir une intégration profonde du Caucase du Sud et, une fois la paix revenue, des relations avec l’Arménie qui ressembleraient dans une certaine mesure aux liens de l’Azerbaïdjan avec la Géorgie, dans le cadre de l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan et avec la protection des droits de la population arménienne.