Aller au contenu
Suivez l’actualité de la France : affaires internationales, diplomatie, évolutions transfrontalières et événements mondiaux impliquant le pays.
5 min de lecture

L’agence française a versé 21,38 millions de dollars pour la Red Line de Karachi, toujours bloquée

L’Agence française de développement a décaissé 21,38 millions de dollars sur les 71,8 millions promis pour la Red Line de Karachi, longue de 26,6 km, toujours inachevée plus de quatre ans après le début des travaux.

Rédaction

L’Agence française de développement figure parmi les bailleurs du corridor de bus Red Line de Karachi, en retard. Au 20 août 2026, les quatre financeurs avaient décaissé environ 128,93 millions de dollars, selon la fiche de données du projet de la Banque asiatique de développement. L’agence française avait versé 21,38 millions de dollars sur un engagement de 71,8 millions. La Banque asiatique de développement avait décaissé 87,63 millions de dollars sur un prêt de 235 millions, et la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures 19,92 millions de dollars sur 71,8 millions. Aucun décaissement n’avait été enregistré au titre des 49 millions de dollars combinés de dons et de prêts du Fonds vert pour le climat. Les documents de la BAD indiquent le 30 avril 2027 comme date de clôture du prêt.

La Red Line s’étend sur 26,6 km, de Numaish, près du Mazar de Quaid-e-Azam, jusqu’à Malir Halt, en passant par l’aéroport de Karachi, et comprend University Road. Les planificateurs estimaient qu’il faudrait plus de 260 bus électriques. Zubair Channa, directeur général de TransKarachi, la société publique chargée du projet, a déclaré que plus de 60 % des usagers réguliers traversent Numaish chaque jour. Une enquête de 2011 situait le trafic aux carrefours les plus chargés à jusqu’à 166 000 véhicules par jour, dont environ la moitié à deux tiers de motos et de rickshaws et seulement 5 % de bus. Le corridor était l’un des six itinéraires de bus à haut niveau de service proposés après des enquêtes de l’Agence japonaise de coopération internationale.

Les travaux ont commencé en mars 2022 et, plus de quatre ans plus tard, sont achevés à moins de la moitié. Channa a indiqué que deux années de désagréments sont à prévoir pour un projet de cette ampleur. TransKarachi estime que les travaux du corridor seront terminés le 20 décembre 2026, le dépôt de Malir Halt en avril 2027 et le dépôt de Bagh-e-Karachi en juillet 2027, les travaux de structure et de stations restants étant visés pour juin 2028.

Le lot 1, soit 9,4 km de Malir Halt à Mosamiyat avec six stations et deux dépôts, a été attribué à Zahir Khan & Brothers pour 13,8 milliards de roupies. Les travaux ont commencé le 10 mai 2022 ; une échéance initiale du 9 mai 2024 a été reportée au 30 juin 2026. Le lot 2, 12,85 km avec 16 stations, a été attribué le 4 janvier 2022 à un groupement de China Railway No. 3 Engineering Group et d’AM Associates pour 15,93 milliards de roupies. La construction a débuté le 15 août 2022, et une échéance du 14 août 2024 a elle aussi été reportée au 30 juin 2026.

Le 21 avril 2026, TransKarachi a résilié le contrat du lot 2, invoquant la lenteur de l’avancement, des performances insatisfaisantes et des manquements en matière de santé, de sécurité et d’environnement. L’entrepreneur a contesté la décision devant la Haute Cour du Sindh, qui a renvoyé l’affaire au conseil de règlement des différends prévu au contrat. Le conseil a ensuite qualifié la résiliation d’illégale et de non valide, estimant qu’elle avait été précipitée et qu’elle ne tenait pas suffisamment compte de la complexité du projet. Il a également relevé des manquements de TransKarachi, notamment le défaut de fournir des plans complets et un chantier libre d’obstacles.

Le cabinet du Sindh a ensuite approuvé un financement d’urgence hors budget et a fait appel à la Frontier Works Organisation dans le cadre d’un arrangement de gouvernement à gouvernement afin de rétablir les voies de circulation mixte, les voies de desserte et le drainage sur le lot 2. L’organisation a pris le relais en mai 2026 et doit achever ces travaux d’ici la fin de l’année. Les travaux de structure et de stations restants sont mis en appel d’offres dans le cadre d’une procédure ouverte et concurrentielle de la BAD. Les offres ont été déposées le 8 octobre et étaient en cours d’évaluation, une attribution étant attendue dans un délai d’environ un mois. Rehan a déclaré que le soumissionnaire le moins-disant obtient le marché.

TransKarachi a attribué les retards à l’inflation d’après-Covid, à l’acquisition de terrains pour les dépôts, aux révisions de conception et à la lenteur du déplacement des réseaux. Channa a déclaré qu’il n’existe aucune justification au retard, tout en maintenant que la perturbation est le prix d’un soulagement à plus long terme pour Karachi.

Des riverains ont décrit la poussière, les embouteillages et la perte d’activité. Un tenant d’étal à Safoora Chowrangi a déclaré que les travaux duraient depuis plus de 3,5 ans et qu’il n’y a pas de travail. Un tenant d’étal à Mosamiyat a indiqué qu’un étal autrefois très fréquenté n’a désormais presque plus de clients. Un commerçant de University Road a déclaré que le commerce avait fermé parce que la route devant la boutique avait été éventrée. Un étudiant de l’université de Karachi a indiqué que les cours du matin étaient manqués presque tous les jours et qu’un trajet en rickshaw le soir pouvait prendre environ une heure. Un usager à NIPA a déclaré qu’environ 60 % de la journée se passe dans les embouteillages.

TransKarachi indique que les personnes déplacées sont indemnisées selon des barèmes allant de 27 500 à 302 500 roupies, selon le type et la catégorie. Jusqu’à présent, 131 personnes ont été payées, en 2022, 2023, 2024 et 2025. Rehan a précisé qu’il s’agissait principalement de vendeurs installés dans des structures en extension et de chariots poussés mobiles, et qu’aucune structure permanente n’avait été touchée.

Un dispositif de réclamation a enregistré 14 plaintes en septembre 2026, portant surtout sur la circulation, puis sur les réseaux, l’accès et l’environnement. Rehan a indiqué qu’un plan correctif ou une résolution est mis en place avec le service compétent, l’équipe de projet ou l’entrepreneur, et que le plaignant est informé par courriel et dispose de trois jours pour répondre avant que le dossier soit clos en l’absence de réponse.

Source: www.dawn.com

Agence française de développement · Red Line de Karachi · projet de bus TransKarachi · prêt de la Banque asiatique de développement · bus à haut niveau de service au Pakistan · litige sur le contrat du lot 2 · France affaires internationales et actualité mondiale