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Un analyste estime qu’Israël n’a jamais éliminé la menace de l’uranium enrichi iranien

Un ancien responsable israélien de la sécurité soutient que les actions clandestines et deux guerres ont laissé intact l’uranium hautement enrichi de Téhéran, des années après l’adhésion de la France à l’accord nucléaire de 2015.

Rédaction

Depuis le retour de Benjamin Netanyahou au poste de premier ministre en 2009, Israël a recouru à des opérations clandestines, à des cyberattaques, à une pression diplomatique et, en dernier ressort, à deux guerres pour tenter de mettre fin à la menace nucléaire iranienne. L’auteur, qui a auparavant exercé les fonctions de chef adjoint du Conseil de sécurité nationale d’Israël chargé de la technologie et des affaires spéciales, estime que le danger central demeure le stock iranien d’uranium hautement enrichi.

Le 31 mars 2009, lorsque Netanyahou a prêté serment, l’Iran exploitait environ 4 000 centrifugeuses de base dans une seule installation d’enrichissement. En août 2009, le pays disposait d’uranium enrichi à environ 5 %, quantité suffisante, si elle était portée à un niveau de qualité militaire d’environ 90 %, pour un peu plus de la moitié d’une bombe nucléaire. Israël s’est préparé à une éventuelle frappe et a répété que toutes les options restaient ouvertes. Des rapports publiés les années suivantes ont indiqué que l’opposition de hauts responsables de la défense israélienne avait conduit à la décision de ne pas mener l’attaque brandie.

De 2009 à 2013, des informations étrangères qui n’ont pas été démenties ont affirmé qu’Israël avait assassiné plusieurs scientifiques nucléaires iraniens et, avec les États-Unis, mené une cyberattaque contre Natanz qui a détruit environ 1 000 des 8 700 centrifugeuses. L’Iran a néanmoins poursuivi son expansion. En 2012, il a commencé à enrichir à Fordow, installation construite en profondeur dans une montagne. Entre août 2009 et août 2013, son stock d’uranium enrichi a été multiplié par neuf. Il détenait alors de la matière enrichie à 5 % qui pouvait, après un enrichissement supplémentaire, alimenter plus de cinq bombes, ainsi que de l’uranium à 20 % équivalant à environ une bombe de plus, et sa capacité d’enrichissement avait triplé.

Après des pressions diplomatiques et économiques, l’Iran a conclu un accord intérimaire, puis un accord global avec les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU — les États-Unis, la Russie, la Chine, le Royaume-Uni et la France — ainsi qu’avec l’Allemagne. Le Plan d’action global commun, signé en 2015, limitait le programme iranien pour une durée pouvant aller jusqu’à 15 ans. L’Iran a accepté de retirer la quasi-totalité de l’uranium enrichi, n’en conservant qu’un peu plus d’un dixième de la quantité nécessaire à une bombe et en n’enrichissant pas au-delà de 3,67 %. Il s’est également engagé à réduire d’environ 80 % sa capacité d’enrichissement, à mettre fin à l’enrichissement à Fordow et à modifier le réacteur d’Arak afin qu’il ne produise pas de plutonium de qualité militaire. L’Agence internationale de l’énergie atomique surveillait les installations, l’enrichissement et la production de centrifugeuses, y compris par une surveillance continue par caméras.

Malgré les rapports de l’AIEA indiquant que l’Iran respectait ses engagements, Netanyahou a pressé les États-Unis de quitter l’accord, en faisant valoir que ses termes étaient insuffisants. En mai 2018, le président Donald Trump a annoncé le retrait américain et rétabli les sanctions. Téhéran a commencé à suspendre ses engagements par étapes, tandis que la Russie et la Chine renforçaient leurs liens économiques avec l’Iran et l’aidaient à contourner les sanctions américaines.

Des informations étrangères qui n’ont pas été démenties ont indiqué qu’Israël avait ensuite assassiné Mohsen Fakhrizadeh, qui dirigeait un groupe de scientifiques chargé de préserver et de faire progresser l’expertise nucléaire, et frappé des sites de production et d’enrichissement nucléaires. Le Parlement iranien a exigé la reprise de l’enrichissement à 20 % et restreint fortement le contrôle de l’AIEA. À partir d’avril 2021, l’Iran a enrichi à 60 %, niveau décrit comme représentant environ 99 % du travail d’enrichissement séparant l’uranium naturel de la matière de qualité militaire. En juin 2025, des estimations citées dans l’article indiquaient que l’uranium à 60 % pourrait, s’il était encore enrichi, alimenter environ 11 armes nucléaires. L’Iran disposait d’environ 21 000 centrifugeuses et d’une capacité d’enrichissement estimée 20 fois supérieure à celle de 2018, tandis que les limites imposées aux inspections affaiblissaient la source d’information la plus complète sur le programme.

De juin 2025 à octobre 2026, Israël et les États-Unis ont mené deux campagnes destinées à éliminer la menace nucléaire et à faire tomber la direction de la République islamique. Une grande partie du commandement politique et militaire a été tuée et les infrastructures nucléaires ont été lourdement endommagées, mais le régime a survécu et nommé des remplaçants que l’auteur juge plus extrêmes, mus par l’humiliation militaire et par le désir de venger les morts. L’Iran a rejeté les exigences de Trump portant sur une reddition et sur le démantèlement du programme par accord. Il s’est concentré sur la réparation des dégâts et sur l’augmentation du coût économique pour les pays occidentaux en perturbant la navigation dans le détroit d’Ormuz. Pour autant que l’on sache, l’uranium enrichi n’a pas été détruit.

L’auteur identifie quatre erreurs. En 2009, l’Iran disposait d’un seul site d’enrichissement en activité, d’un nombre relativement faible de centrifugeuses obsolètes, d’une quantité limitée d’uranium enrichi et d’armes relativement limitées capables d’atteindre Israël ; l’auteur estime qu’une frappe à ce moment-là aurait pu arrêter ou retarder l’enrichissement pendant des années et peut-être aboutir à un accord de type JCPOA sans date d’expiration. En 2013, l’Iran possédait une matière qui pouvait à terme alimenter plus de six bombes et le triple de la capacité d’enrichissement. Deuxièmement, l’accord de 2015 a réduit le stock enrichi d’un facteur d’environ 50 et la capacité d’enrichissement d’un facteur cinq, portant le délai estimé de rupture à environ un an, durée suffisante pour une détection et, si nécessaire, une frappe destructrice. Israël a œuvré à saper l’accord sans se préparer de manière adéquate à une réponse militaire en cas d’effondrement. L’Iran a ensuite accéléré, Israël n’a pas lancé de frappe d’ensemble, et la Russie et la Chine ont aidé Téhéran à échapper aux sanctions américaines. Troisièmement, des frappes clandestines limitées et l’assassinat d’un scientifique ont été suivis d’une nouvelle expansion plutôt que de la fin de l’accumulation de matière enrichie. Quatrièmement, au moment de la campagne de 2025, l’Iran détenait déjà de l’uranium hautement enrichi potentiellement suffisant pour environ 11 armes, de sorte qu’une grande partie de l’infrastructure d’enrichissement était moins déterminante pour atteindre une matière de qualité militaire. Israël s’est concentré sur les dirigeants et les commandants ainsi que sur des infrastructures que l’auteur juge en grande partie devenues non essentielles et relativement faciles à rétablir, tandis que l’uranium n’était pas la cible principale et, pour autant que l’on sache, est resté intact.

L’auteur soutient que, jusqu’à la fin de 2022, une opération décisive contre la capacité de l’Iran à produire de la matière fissile, comparable par sa détermination aux frappes israéliennes contre les réacteurs en Irak en 1981 et en Syrie en 2007 sous Menahem Begin et Ehoud Olmert, aurait pu dévaster le programme d’armement. À partir de 2023, la priorité aurait dû être de détruire ou de neutraliser l’uranium enrichi. Aucune de ces deux voies n’a été empruntée au moment où elle était nécessaire. L’auteur rappelle l’avertissement adressé par Winston Churchill à la Chambre des communes le 2 mai 1935, selon lequel la Grande-Bretagne avait négligé le réarmement allemand alors qu’il était encore maîtrisable. Selon l’évaluation de l’auteur, l’Iran pourrait désormais produire suffisamment de matière de qualité militaire pour quatre bombes en quatre semaines en utilisant 5 % de la capacité d’enrichissement d’installations qui ont été attaquées mais pas entièrement détruites. Un site d’environ 1 000 mètres carrés pourrait suffire et serait relativement facile à reproduire et à dissimuler, et l’Iran dispose de centrifugeuses supplémentaires entreposées ailleurs. Ynet a rapporté que les services de renseignement israéliens estiment que l’Iran a transféré des milliers de centrifugeuses vers un site souterrain lié au nucléaire, décrit comme Pickaxe Mountain. L’auteur affirme qu’Israël a besoin d’une stratégie différente et d’une réévaluation de la manière d’affronter les ambitions nucléaires de l’Iran.

Source: www.ynetnews.com

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